Encore un autre art de l'Italie: les vins
Les Romains et avant eux les étrusques cultivaient la vigne. Les Grecs avaient donné au territoire le surnom d' Oenotria signifiant la terre du vin. Le vignoble s'étend dans toutes les régions italiennes de la Vénétie à la Sicile.
1. Introduction
L'Italie est aujourd'hui, avec 46,8 millions d'hectolitres, dont 21 % environ en appellations d'origine, le deuxième producteur mondial, juste derrière la France (47,3). Elle exporte environ 18 millions d'hectolitres annuellement.
A l'époque actuelle, deux réglementations fondamentales régissant la production viti-vinicole en Italie se sont succédé. Ce sont:
la loi du 3 février 1963, qui portait sur les normes en matière de dénominations d'origine des moûts et des vins, qui fut en vigueur jusqu'en 1992 et puis la loi 164.
Jusqu'à la loi 164 il valait mieux privilégier la notoriété et le talent des producteurs plutôt que de trop se fier aux appellations. Les plus grands vins d'Italie étaient classés en simples vins de table car les domaines voulaient avoir droit d'utiliser d'autres cépages.
L'Italie, pays membre de l'Union européenne, applique maintenant les règlements européens, qui supplantent la législation nationale.
Les appellations nationales en Italie sont:
Les Denominazioni di Origine Controllata (DOC).
Les Denominazioni di Origine Controllata e Garantita (DOCG, Dénominations d'origine contrôlée garantie) qui prennait la même voie que les DOC. La première appellation DOCG en 1980 fut le Brunello di Montalcino.
Les Indicazione Geografica Tipica (IGT, Indication Géographique Typique) est un niveau intermédiaire entre vins de table et DOC. Ce sont souvent des vins d'une certaine qualité mais qui ne respectent pas entierement le cahier des charges d'un DOC.
Les Vini da Tavola.
2. Les grands vins du Piémont
2.1 Le Barbaresco
Le Barbaresco est un vin d'origine très ancienne, et il était déjà mentionné par Titus Livius dans sa monumentale « Histoire de Rome ». D'après les traditions antiques, les gaulois furent attirés par l'Italie et vinrent dans la péninsule à cause de l'excellent vin de Barbaritium, nom duquel viennent les noms « Barbariscum » et plus tard « Barbaresco ». Certains experts disent toutefois que le vin tire son nom des hordes barbares qui ont razzié l'Italie avant et après la chute de Rome.
Il y a longtemps, le Barbaresco était appelé Nebbiolo ou Barolo, et ceux qui l'élaboraient y ajoutaient des grappes de Moscatello et de Passaretta ce qui lui donnait un goût sucré et le rendait pétillant. Le Barbaresco, le vin aristocratique tel qu'on le connaît maintenant, fut mentionné en 1799 lorsque le Général Autrichien Melas demandé un « Nebbiolo di Barbaresco » pour célébrer sa victoire sur les français.
Ce ne fut qu'à partir du milieu de XIXème siècle qu'on commença à produire un vin sec, ce qui a amené au Barbaresco toutes ses extraordinaires qualités. Le Professeur Domizio Cavazza, un éminent onologue, introduisit de nouvelles méthodes de vinification et, en 1894, créa une coopérative exclusivement dédiée à la production de Barbaresco.
Les règles de l'appellation Barbaresco DOCG
Aire de production : les territoires communaux complets de Barbaresco, Neive, Treiso et une partie de San Rocco Seno d'Elvio, dans le district d' Alba.
Cépage : 100% Nebbiolo dans ses variétés "Michet", "Lampia" et "Rosè"
Rendement maximum de la vigne : 80 quintaux par hectare pour 52 hectolitres de vin
Vieillissement obligatoire sous bois : 2 ans en fûts de chêne ou de chataigner (4 ans pour la Riserva)
Couleur: rouge grenat vif, avec des reflets rubis qui tendent vers l'orangé avec le vieillissement
Parfum: fin et élégant
Goût: sec et plein, austère et velouté, harmonieux et lisse
Degré d'alcool minimum : 12,5% par volume
Acidité totale minimum : 5g/lt
Extraits secs minimum : 23 g/lt
La zone de production
2.2 Le Barolo, roi des vins et vin des rois.
Le Barolo a commencé à acquérir son statut royal dès le Moyen Age, et sa réputation a continuellement grandi au cours des ages. Il était de coutume pour les souverains, de même que pour de nombreux nobles, d'enrichir leur table avec des grands Bordeaux et Bourgognes. Il a été rapporté que le Barolo était souvent à la table de Louis XIV. Parmi d'autres amateurs on trouve le Roi Charles Albert, la Marquises de Saluzzo et de Monferrato et Marie Christine de Savoie.
De nombreuses autres figures de l'histoire ont contribué à la réputation du vin, et en premier lieu le Comte Camillo Benso di Cavour. Cavour avait l'habitude de donner des dîners au cours desquels du Barolo était servi. Il a joué un rôle personnel dans l'élaboration de ce vin dans son domaine de Grinzane et les résultats qu'il a obtenu sont exceptionnels. Dans un court laps de temps il est devenu un grand vigneron et les Barolo issus de ses vignobles étaient tout à fait compétitifs avec les meilleurs vins français.
Les Papes ont aussi beaucoup aimé le Barolo. Au début du XIXème siècle, Pie VII s'exclama, après avoir goûté un excellent Barolo : « Ah, La Morra ! Un ciel superbe et un grand vin ! ». Après quoi, il s'assura que le Barolo soit toujours disponible au Vatican, et il en buvait fréquemment.
Les règles de l'appellation Barolo DOCG
Aire de production : les territoires communaux complets de Barolo, Castiglione Falletto et Serralunga d'Alba et partiels de La Morra, Novello, Monforte d'Alba, Verduno, Grinzane Cavour, Diano d'Alba, Roddi et Cherasco.
Cépage : 100% Nebbiolo dans ses variétés "Michet", "Lampia" et "Rosè"
Rendement maximum de la vigne : 80 quintaux par hectare pour 52 hectolitres de vin
Vieillissement obligatoire sous bois : 3 ans en fûts de chêne ou de chataigner (5 ans pour la Riserva)
Couleur: rouge grenat intense, avec des reflets rubis qui tendent vers l'orangé avec le vieillissement
Parfum: exceptionnellement riche et harmonieux
Goût: plaisamment sec et complet, robuste et harmonieux
Degré d'alcool minimum : 13% par volume
Acidité totale minimum : 5g/lt
Extraits secs minimum : 23 g/lt
La zone de production
3. Les grands vins de la Toscane
La région de Florence continue de progresser dans sa position de plus dynamique producteur de vins de première qualité du pays, contrastant avec les décennies de vente du populaire Chianti en fiasque couverte de raphia. La Renaissance moderne de la Toscane a commencé en Chianti justement, dans les collines du centre, autour de Florence et de Sienne, mais s’est rapidement étendue jusqu’aux côtes méditerranéennes qui n’avaient pourtant pas encore été repérées pour y créer des vignobles.
3.1 Chianti
Le Chianti, qui est toujours la force dominante de la viniculture toscane, a longtemps été distingué comme le plus italien des vins. C’est lié d’une part aux volumes produits et à son universalité, et d’autre part à sa personnalité qui ne peut être contestée. Sa nature très diversifiée représente la quintessence de l’Italie.
Le Chianti est produit dans huit zones distinctes qui couvrent un vaste territoire autour du cœur d’origine du Chianti Classico. Dans ces collines magnifiquement rugueuses les variations de sol et de climat contribuent autant à l’individualité de chaque domaine que la recherche des vignerons pour élaborer des styles personnels. Certains Chianti sont assez frais et faciles, alors que d’autres sont riches et élaborés et capable de développer beaucoup de classe en vieillissant. Tout ceci peut mener à une certaine confusion, mais pour les amateurs qui insistent, le Chianti est probablement aujourd’hui le vin offrant un des meilleurs rapports qualité prix du marché.
Les Chianti sont identifiés par les sous-appellations, la plus importante étant le Classico dont les producteurs se sont regroupés en un consortium de défense dont l’emblème est un coq noir (« Gallo Nero ») symbole de la rivalité entre Florence et Sienne qui se disputaient la région au moyen age. Plusieurs domaines mettent également en avant le nom du vignoble comme une marque de distinction. Le grand point commun du Chianti avec les autres vins rouges traditionnels toscans est qu’il est élaboré pour l’essentiel à partir du Sangiovese.
Dans le passé, les cépages étaient souvent mélangés, mais aujourd’hui l’accent est mis sur le Sangiovese ou le Sangioveto, qui méritent d’être classés avec les cépages les nobles d’Italie et du monde. Dans les grands millésimes, les vins de pur Sangiovese ont une robe rubis intense, présentent des aromes floraux et fruités, avec une bonne structure tannique, ils sont charnus et longs en bouche. Certains peuvent nécessiter des années de vieillissement pour atteindre leur apogée.
3.2 Brunello di Montalcino
Dans un pays comme l'Italie qui produit du vin depuis près de 3500 ans, le Brunello di Montalcino peut être considéré comme une invention récente. Ce n'est pas en effet un vin fait en hommage aux traditions locales mais le résultat d'études d'un seul vigneron, Ferruccio Biondi-Santi. Autour de 1870, Ferruccio Biondi-Santi a commencé de planter dans ses vignobles un clone du cépage Sangiovese, connu sous le nom de Brunello. Le jeune viticulteur avait remarqué qu'une variété du cépage Sangiovese, appelée Grosso pour le distinguer de la race originaire de la région du Chianti et qui produisait des grains plus petits, était plus résistante aux attaques du phylloxera qui ravageait alors les vignobles du district. Finalement, Biondi-Santi replanta complètement ses vignobles et fut très rapidement prêt à produire un vin très satisfaisant issu d'un cépage unique.
Biondi-Santi ne s'arrêta pas là et vint à l'encontre de toutes les traditions locales. A cette époque, les Toscans préféraient en général les vins rouges jeunes qui étaient adoucis et rendus immédiatement buvables par l'ajout de Governo. Les goûts allaient même jusqu'aux rouges pétillants. Cependant, le vigneron innovateur s'imposa de laisser le vin vieillir au moins quatre ans en fûts de chêne, suivi d'une période en bouteille, afin de développer une qualité hors du commun. On commença à parler du Brunello après 1880. Le premier grand millésime officiel fut le Brunello 1888, duquel cinq bouteilles existent toujours. Leur contenu est parfaitement conservé, une preuve de l'extraordinaire capacité de vieillissement du vin. Avec les années, il a acquis continuellement plus de parfum, un goût plus velouté, une plus grande harmonie et des aromes délicats mais en même temps très intenses.
Ces attributs furent mentionnés par le Baron Luigi Ricasoli (un politicien et un des grands producteurs toscans qui a notamment défini les règles du Chianti) en 1930 après avoir goûté un Brunello 1888. « Je n'atteindrai jamais ce point » a-t-il dit en comparant sa propre production à la qualité et la longévité de l'exceptionnel Brunello. En 1988, le Président Francesco Cossiga a assisté à la célébration du 100 ème anniversaire de la création de ce vin extraordinaire.
Les règles de l'appellation Brunello di Montalcino DOCG
Aire de production : le territoire communal de Montalcino
Cépage : Sangiovese (appelé "Brunello" à Montalcino)
Rendement maximum de la vigne : 80 quintaux par hectare
Rendement du vin à partir du raisin : 68%
Vieillissement obligatoire sous bois : 2 ans en fûts de chêne
Vieillissement obligatoire en bouteilles: 4 mois (6 mois pour la Riserva)
Couleur: rouge rubis intense, tendant au grenat avec le vieillissement
Parfum: parfum caractéristique et intense
Goût: sec, chaleureux, un peu tannique, robuste et harmonieux
Degré d'alcool minimum : 12,5% par volume
Acidité totale minimum : 5g/lt
Extraits secs minimum : 24 g/lt
Embouteillement : doit avoir lieu sur le lieu de production
Disponible à la vente : 5 ans après l'année de vendange (6 ans pour le Riserva)
Packaging: le Brunello di Montalcino ne peut être vendu qu'en bouteilles bordelaises
3.3 Vino Nobile di Montepulciano
Pas loin de Montalcino se trouve Montepulciano et son Vino Nobile élaboré à partir d’un type de Sangiovese appelé Prugnolo Gentile. Le Vino Nobile a obtenu son nom il y a plusieurs siècles apparemment en hommage à son statut parmi la noblesse. Le poète Francesco Redi a décrit le rouge de Montepulciano comme le « roi de tous les vins ». Après des décennies d’oubli, le Vino Nobile a fait un retour impressionnant sous sa DOCG et fait à nouveau honneur à son nom. Les vignerons produisent également la DOC Rosso di Montepulciano comme une alternative plus jeune au Vino Nobile.
3.4 Carmignano
Le Carmignano mérite une mention spéciale comme ayant fait l’objet d’un décret de protection par le Grand Duc de Toscane en 1716. Aujourd’hui ce rouge assez rare issu de Sangiovese et de Cabernet a été élevé au rang de DOCG, même si les rouges Barco Reale et les autres vins de Carmignano restent en DOC.
3.5 Vernaccia di San Gimignano D.O.C.G.
De grande ancienneté historique il présente une couleur jaune pailles tenue avec des reflets verdâtres. C'est un vin fin pénétrant, frais et sec avec une caractéristique d'arrière-goût légèrement amer qui en en confirme la particularité.
3.6 Vin Santo
C'est un vin Passito de dessert typiquement toscan. Il s'associe particulièrement aux biscuits sec, comme les cantuccini, aux crostate (tartes) et autres dessers typiquement de Sienne.